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L'HISTOIRE D'UNE COMPAGNIE AU SERVICE DES CANADIENS DEPUIS 1872

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Au moment de la création de la Garantie, Compagnie d’Assurance de l’Amérique du Nord, en 1872, ses directeurs voyaient, dans la spécialisation et la solidité financière, les outils nécessaires pour bâtir une entreprise saine. Aujourd'hui, les opérations de La Garantie sont toujours guidées par les mêmes principes.

La Garantie a été la première à offrir l'assurance détournement en Amérique du Nord. Au fils des ans, elle est devenue le chef de file des secteurs cautionnement et détournement au Canada. La croissance et la réputation de La Garantie, qui demeurent tout aussi solides en 1997, sont le reflet de la vision de ses fondateurs.

Cependant, les cent vingt-huit ans d'existence de La Garantie sont bien plus que l'histoire du succès d'une entreprise. Les fondateurs de La Garantie souhaitaient en faire une «institution importante pour le pays». Pendant ses premières années d'existence, elle offrait des programmes essentiels d'assurance en détournement couvrant les employés des sociétés de chemins de fer et des banques; ce service s'étendra plus tard au gouvernement ainsi qu'à d'autres entreprises privées. L'ensemble de ces entreprises constituait la base économique sur laquelle le Canada s'est bâti, formant, d'un océan à l'autre, un vaste pays. Aujourd'hui, La Garantie participe toujours à la croissance du pays, comme elle le faisait déjà il y a 137 ans.

À titre de pionnier en assurance des secteurs détournement et cautionnement en Amérique du Nord, La Garantie est fière de son héritage. La solidité et la stabilité financières de La Garantie, Compagnie d'Assurance de l'Amérique du Nord, ont été les jalons de son succès par le passé et sont garants de sa croissance et de sa prospérité dans les années à venir

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LA NAISSANCE DE LA CAUTION EN AMÉRIQUE DU NORD

Lorsque s'établissent les Chemins de fer nationaux de l'Est du Canada (Grand Trunk Railroad of Eastern Canada) en 1862, les dirigeants de cette entreprise comprennent qu'il est important de la protéger contre les risques de malhonnêteté de la part des employés appelés, par leurs fonctions, à manipuler des sommes d'argent. À l'époque, toutefois, ce type de service n'existe pas au Canada. Les cautions de loyauté personnelle, lorsqu'elles représentent une condition d'embauche, ne peuvent être fournies que par les parents ou les amis. Ce système, très limité, place le répondant en situation précaire et lui laisse peu de recours en cas de détournement de fonds.

Sir Alexander Galt, un des directeurs des Chemins de fer nationaux, se rend donc à Londres, en Angleterre, dans l'espoir d'y trouver une compagnie d'assurance qui serait intéressée à établir un service de caution au Canada. Il parvient à convaincre la European Life and Guarantee Company des possibilités d'expansion que présente l'Amérique du Nord. C'est ainsi qu'en 1863, la European Life détache au Canada un gestionnaire de vingt-quatre ans, Edward Rawlings, avec la mission d'ouvrir une succursale à Montréal.

La succursale prospère dès le début. Pendant ce temps, à Londres, la European Life and Guarantee subit de lourdes pertes attribuables à d'autres secteurs d'assurances et ferme ses portes peu de temps après. Rawlings se retrouve donc avec une succursale florissante au Canada, dont la liste des clients ne cesse de s'allonger, mais il n'a plus l'appui financier de la Compagnie. Rapidement, il met sur pied une division de la Citizens Insurance Company of Canada axée sur la caution, ce qui lui permet de poursuivre ses services de protection contre le détournement auprès de ses clients.

Après quelques années, l'accord passé avec cette nouvelle compagnie s'avère insatisfaisant. Rawlings et son client et ami Sir Alexander Galt, décident conjointement alors d'établir une entreprise spécialisée dans le domaine de l'assurance caution.

Les deux hommes découvrent ensuite qu'une société de caution a été constituée en 1851, en vertu d'une loi du Conseil législatif de la province du Canada; il s'agit de The Canada Guarantee Company. Ils font l'acquisition des lettres patentes, et le 9 avril 1872, se tient la première réunion des actionnaires. Le conseil d'administration est élu; Sir Alexander Galt est président et Edward Rawlings, directeur. La compagnie démarre avec un capital social autorisé de 100 000 $, dont 15 525 $ sont souscrits et versés. Elle s'installe immédiatement dans ses bureaux du 237, rue St-Jacques à Montréal

Le domaine de l'assurance de garantie prend une expansion rapide en Amérique du Nord, et la nouvelle compagnie connaît un succès immédiat. Sir Alexander et Rawlings le prévoyaient déjà à la première réunion annuelle de la Compagnie qu'ils tenaient, en octobre 1873, à leurs nouveaux bureaux du 40, rue St-Jean, à Montréal :

...La Compagnie est appelée à devenir une institution importante pour le pays, autant qu'une entreprise rentable pour ses propriétaires. On estime que le système de caution privée cédera rapidement et entièrement la place aux programmes d'assurance caution.

Pendant sa première année d'opération, la Compagnie délivre 559 polices et déclare un surplus de 5 539 $.

Au delà des avantages pour les entreprises qui utilisent leurs services, les fondateurs prennent conscience des vastes incidences de l'assurance caution sur la main-d'oeuvre du Canada. Avec le système de caution privée, les travailleurs qui quittent les régions rurales en nombre croissant pour aller chercher un emploi dans les villes, auraient eu peine à se faire embaucher sans posséder une réputation bien établie ou sans connaître des individus dignes de confiance pouvant se porter garants pour eux. La Garantie vient changer tout cela. En délivrant des polices au nom de tous ceux qui répondent à ses critères, La Garantie permet aux nouveaux arrivants de décrocher plus facilement un poste auprès d'une banque, d'une entreprise de chemins de fer ou d'une entreprise commerciale, où le travail ne manque pas.

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BÂTIR SUR LE SUCCÈS

Pendant les premières années d'existence de La Garantie, Edward Rawlings exerce un style de gestion déterminant pour la réputation et le renom de la Compagnie, de même que pour l'établissement de sa position financière.

Rawlings a établi des lignes directrices très strictes au moyen desquelles La Garantie détermine l'admissibilité des individus à l'assurance détournement. Tous les antécédents sont vérifiés, du caractère aux habitudes, jusqu'aux relations. Ceux qui ne répondent pas aux normes que La Garantie juge acceptables ne peuvent être éligibles à l'assurance détournement. Les fondateurs en sont convaincus : cette grande minutie est la clé de la réduction des risques, pour la Compagnie comme pour ses clients. Grâce à ses normes exigeantes, La Garantie devient rapidement l'un des établissements de caution les plus renommés en Amérique du Nord.

En 1879 seulement, la Compagnie reçoit près de 13 000 demandes d'entreprises du Canada et des États-Unis, qui souhaitent s'assurer de la loyauté de leurs employés. La Garantie accepte toujours de faire enquête sur les candidats aux frais de ces derniers; elle déploie parfois des efforts considérables pour dissuader un client d'embaucher un candidat indésirable. Edward Rawlings explique cette pratique pour le bénéfice des actionnaires, en 1880 :

La Compagnie a parfois dû engager des dépenses importantes pour se convaincre de ne pas accepter une transaction, ceci étant évidemment porté sous la rubrique «frais d'exploitation», mais cette première dépense s'est souvent révélée négligeable comparativement à celle qui aurait pu être portée à une toute autre rubrique, si la transaction en question avait eu lieu

Règle générale, le cautionnement d'un candidat par La Garantie est interprété comme une indication de sa bonne réputation.

Les méthodes de La Garantie acquièrent une telle renommée, que les pratiques de sélection des employés de la Compagnie et ses techniques de prévention des sinistres deviennent éventuellement la norme du domaine bancaire à l'échelle de l'Amérique du Nord, et ses compétiteurs n'hésitent pas à la copier. La Garantie se distingue donc en devenant la première compagnie du Canada dont le gouvernement fédéral accepte les cautionnements; jusqu'à cette époque, le gouvernement avait refusé toute assurance de ce type.

Pendant que la renommée de la Compagnie se propage, grâce à ses normes de plus en plus connues, Edward Rawlings cherche activement à accroître sa part du marché. Dès les premières années d'existence de la Compagnie, Rawlings multiplie les voyages au Canada et aux États-Unis pour faire la promotion de ses produits et mettre sur pied des agences dans les grandes villes. Les directeurs de ces établissements et des entreprises de chemin de fer deviendront souvent actionnaires de La Garantie.

Devant la croissance de la Compagnie à l'échelle du continent, les directeurs présentent au Parlement canadien une demande de changement de nom afin d'adopter une désignation reflétant mieux les projets d'expansion des opérations. Le 17 février 1881, la Compagnie devient The Guarantee Company of North America.

La compagnie déménage deux fois dans des locaux plus grands, soit au 103, rue St-François-Xavier et au 157, rue St-Jacques, à Montréal, avant de quitter le coeur du quartier des affaires de Montréal pour s'installer, en 1881, dans l'édifice du YMCA de la place Dominion. Quelques années plus tard, elle déménage à nouveau, cette fois dans l'ancien édifice du club métropolitain dont elle a fait l'acquisition, sur la côte du Beaver Hall.

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UNE PRÉSENCE À L'ÉCHELLE DU CONTINENT

À la fin des années 1880, La Garantie est devenue la plus importante société d'assurance caution aux États-Unis. Elle a plus de 300 clients, dans des domaines comme les chemins de fer, les banques, la messagerie et le télégraphe, et des représentations dans toutes les grandes villes américaines, dont New York, Chicago, Boston, et aussi loin que Denver.

En 1890, en raison de son important volume d'affaires aux États-Unis, La Garantie crée une filiale qu'elle nomme The United States Guarantee Company. La nouvelle entreprise connaît un succès immédiat. Son conseil d'administration réunit des noms prestigieux, dont George H. Pullman, J.P. Morgan et Asa Potter.

Grâce à ses deux volets, La Garantie occupe une position unique qui lui permet de retrouver la trace de fraudeurs ayant réussi à fuir l'un ou l'autre pays sous le couvert de lois mal définies, et à profiter de l'absence de traité d'extradition entre le Canada et les États-Unis. La compagnie retient ainsi les services de détectives comme ceux de la Pinkerton National Detective Agency afin de mettre la main au collet des employés malhonnêtes qui l'ont obligée à payer des pertes.

Le rapport annuel de 1888 mentionne entre autres une perte mettant en cause un certain M. Pitcher, qui s'était emparé de valeurs mobilières d'une banque américaine dont les employés avaient reçu le cautionnement de La Garantie. Après avoir transféré ces valeurs en Angleterre, il avait fui au Canada. La Garantie, par le biais de ses agents, a pu retrouver la trace de M. Pitcher, le livrer aux autorités et récupérer les sommes volées.

En 1884, Edward Rawlings est nommé à la présidence de la Compagnie à la suite du décès du président fondateur, Sir Alexander Galt.

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UN NOUVEAU SIÈCLE DE CROISSANCE ET DE DéVELOPPEMENT

Pendant la période de prospérité du début du vingtième siècle, la Compagnie poursuit sa croissance malgré le combat qu'elle mène contre ce que Rawlings qualifiera de «compétition suicidaire», surtout aux États-Unis. En 1909, la Compagnie démontre un surplus accumulé de plus d'un million de dollars.

Entre temps, on planifie la construction du nouvel édifice de La Garantie sur un terrain adjacent au bureau de la côte du Beaver Hall. Au coût de plus de 200 000 $, cette imposante structure de dix étages, achevée en 1913, sera le premier gratte-ciel de Montréal. Les bureaux sont richement meublés de chêne et de marbre et ceux de la direction sont agrémentés de foyers. On a même aménagé des crachoirs près des cages d'ascenseur. Edward Rawlings ne verra jamais la fin des travaux. Il meurt le 11 décembre 1911, à l'âge de soixante-douze ans. Hartland S. MacDougall lui succède comme président.

Depuis sa création, La Garantie avait mis un point d'honneur à se consacrer uniquement à l'assurance détournement. Toutefois, en 1915, La Garantie commence à souscrire un petit nombre de cautionnements de contrats. Pendant que les soldats canadiens poursuivent les combats en Europe, la Compagnie, en réponse aux appels répétés qui lui sont lancés, cautionne un certain nombre de contrats de fabrication de munitions et de fournitures d'intendance.

En 1917, le fils d'Edward Rawlings, Henry C. Rawlings, devient président et directeur général de la Compagnie. Pendant l'année qui suit, la loi oblige la vente des intérêts de la Compagnie dans la United States Guarantee. La compagnie canadienne poursuivra donc ses opérations aux États-Unis uniquement par l'intermédiaire d'agents régionaux.

Entre les deux guerres, pendant les années 20 et 30, la Compagnie continue d'accroître son volume d'affaires. À la fin de sa cinquantième année d'existence, La Garantie perçoit annuellement près d'un demi-million de dollars en primes, et démontre un surplus accumulé de quelque deux millions de dollars. Pour cette seule année, elle reçoit plus de 19 500 demandes de cautionnement individuel.

En 1928, elle met sur le marché une assurance détournement globale sur les employés de certains de ses clients. Ce n'est qu'à la fin des années 40, toutefois, que la Compagnie offrira des cautionnements généraux et des garanties globales visant les banquiers et les courtiers.

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UNE FORCE CROISSANTE EN CAUTIONNEMENT DE CONSTRUCTION

À la mort de son père, en 1949, H. Millar Rawlings est élu président de la Compagnie. Pendant le mandat de Henry C. Rawlings à la présidence, le surplus était passé de 1,5 million de dollars, à plus de 3,5 millions de dollars, malgré les deux guerres mondiales et la Crise de 1929.

La Garantie prend une part de plus en plus active au cautionnement des projets de construction, avec la croissance de l'économie du Canada qui marque la période de l'après-guerre. En 1949, elle participe au cautionnement de la construction du premier métro au Canada, à Toronto, et plus tard, à différentes étapes de la construction de l'autoroute transcanadienne.

À la fin des années 50, le cautionnement de travaux de construction est devenu le volet le plus important des opérations de La Garantie.

En 1955, la Compagnie étend ses services et offre d'autres produits d'assurance des particuliers, notamment contre l'incendie et les risques divers, grâce à son réseau de courtiers qui gagne du terrain en Ontario et au Québec.

La fin des années 50 est marquée par une série de traités de réassurance infructueux et de pertes techniques qui entraînent la chute des actifs de La Garantie. Daniel Doheny est nommé président en 1960; C.E. Pacaud lui succède en 1962, suivi de G.W. Millar en 1965.

En 1967, la Compagnie vend son édifice vieillissant de la côte du Beaver Hall, qu'elle occupait depuis plus de cinquante ans. Elle aménage dans les bureaux modernes de la Place du Canada, près de la place Dominion. Entre temps, le contrôle de la Compagnie est passé aux mains de Frank Cowan et de ses associés.

George A. Savage est nommé président et directeur général en 1971. Pendant ce temps, la Compagnie entre dans une période de réorientation de ses activités vers le cautionnement de construction, l'assurance détournement et d'autres secteurs d'assurances générales. Pendant les années 70, la Compagnie connaît une période de regain de vitalité, et elle augmente ses bénéfices techniques et sa croissance en capital grâce à ses bénéfices non répartis.

La Garantie consolide son succès pendant les années qui suivent, sous la direction de Gordon W. Horne, nommé président et directeur général en 1983. L'assurance responsabilité à l'intention des administrateurs et dirigeants s'ajoute à la gamme des produits de La Garantie en 1986.

Au début des années 90, la Compagnie solidifie sa position de chef de file de l'assurance de cautionnement au Canada en faisant l'acquisition de deux de ses compétiteurs. Jean La Couture occupe alors le poste de président et chef de la direction. En 1991, La Garantie présente un nouveau produit d'assurance des particuliers, le programme Garantie Or®.

À l'approche du troisième millénaire, La Garantie, Compagnie d'Assurance de l'Amérique du Nord, sous la direction de Jules Quenneville, président et chef de la direction depuis 1994, demeure au premier rang des sociétés de cautionnement et de détournement au Canada. La compagnie ne cesse de croître; elle possède maintenant des bureaux à Montréal, Québec, Toronto, Halifax, Woodstock, Edmonton et Vancouver.

Depuis 137 ans, sa constante croissance, son approche prudente et sa stabilité financière lui valent la confiance de ses clients et l'appui du milieu de la réassurance internationale. Forte de cet appui et de cette reconnaissance, La Garantie continue d'offrir des produits d'assurance à des entreprises parmi les plus grandes et à couvrir certains des projets les plus ambitieux au Canada. Elle est toujours un chef de file ainsi qu'un important souscripteur de produits sélectionnés. La Garantie, Compagnie d'Assurance de l'Amérique du Nord demeurera un partenaire fidèle de la croissance du Canada tout en continuant de servir avec fierté les intérêts de ses actionnaires et de ses clients, comme elle le fait depuis 137 ans.

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